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12.09.2007
Un OGM qui arrive ... et qui repart ?
A l'heure où la Bretagne est déclarée sans OGM, où le Finistère peut se flatter [1] d'être officiellement vierge du sulfureux (enfin ... Cry1Abeux) maïs MON810, une ville fait de la résistance.
Cette ville n'est autre que Brest. Dans son port arrivent chaque année plus de 600.000 tonnes de soja, dont plus de la moitié est transgénique.
L'agriculture fançaise - mais pas bretonne - peine à fournir le marché avec 150.000 tonnes par an (en non-OGM), alors que la ville de Brest, à elle seule, fournit deux fois plus de soja OGM que cela !
Sur le port, en zone Seveso, ces tourteaux de soja sont triturés pour devenir alimentation animale. Il ne reste plus alors qu'à espérer que les molécules Cry1Ab et consorts (insecticides) se seront envolées, et que les résidus de glyphosate (désherbant total) absorbés les auront suivies.
Ah ! L'espérance ! Depuis la sortie en grande pompe du principe de précaution en 2005, on sait que face à un possible dommage - écologique - dont les connaissances scientifiques ne peuvent évaluer ni le risque ni l'ampleur, les pouvoirs publics se doivent de mesurer ces risques possibles tout en s'assurant de les diminuer au maximum. En gros, un moratoire et faire des études sérieuses pour savoir à quel point c'est dangereux.
Ce qui est pratique, c'est qu'il existe une "Commission du Génie Biomoléculaire". Il suffirait de la faire travailler sur le sujet ? Que nenni. La CGB se contente de lire les rapports d'étude qui lui sont fournis par les industriels qui vendent les semences OGM. Financer des études complémentaires pour vérifier si ce qu'elle reçoit est bidonné ? Que nenni encore une fois. Pour une contre-expertise, on attend du citoyen, déjà mis à contribution pour financer la CGB via le budget général de l'État, qu'il soutienne la CRIIGEN. Remarquez qu'il y a de plus mauvais usages de vos sous.
De toute façon, la CGB ne s'intéresse qu'aux OGM qu'un industriel veut faire planter en France. Et personne n'essaye de vendre des graines de soja OGM ... donc la CGB n'a jamais eu à lire un rapport sur un tel OGM, encore moins à faire des essais à ce sujet.
Alors ? "Réalisation d'un dommage incertaine" comme l'évoque la Charte de l'environnement de la nouvelle Ve République, ou pas ?
En fait, il faut chercher un autre concept, né plus tôt et dans des enceintes plus lointaines et/ou plus discretes : "substanciellement équivalente" (substancial equivalence). Ce concept, qui affirme que si sur les points qui intéressent le consommateur - taux de glucides, lipides, vitamines, texture, etc. - un produit "ressemble" à un autre et que ce autre est sans danger, alors le produit est sans danger ! Cette idée, née dans la FDA américaine, a été largement reprise par l'OCDE, la FAO et l'OMC.
Nous y arrivons. Comme le soja OGM est substanciellement équivalent à du soja non-OGM, l'OMC nous interdit de le considérer comme différent en termes commerciaux. Et donc, de bloquer son entrée sur le territoire.
Du coup, le soja OGM arrive dans les mangeoires des étables, et se transforme en lait et viande sans mention d'OGM. Juste "origine France".
Et c'est là que l'OGM revient. Par le lait et les fromageries, jusque dans les assiettes brestoises.
On ne récolte jamais que ce que l'on sème.
Alors, coincés ? Ne reste-t-il que l'action symbolique face à l'OMC ?
Pas vraiment. Rien n'interdit de mettre en place une traçabilité du soja au travers de l'animal qui le mange.
Et de faire fleurir les étiquettes "lait produit par une vache qui mange 2kg de soja transgénique par jour" [2] ou "steack 'une vache qui a mangé trois tonnes de soja transgénique avant d'être abattue" [3]. Ce dernier point peut d'ailleurs omntrer à quel point la consommation carne est d'un piètre bilan écologique. Étiquettes à mettre en rayonnage des grandes surfaces et sur les menus des cantines scolaires.
Reste à afficher en grand les courbes de vente de produits certifiés sans OGM, et les cours en bourse de Monsanto et Cargill.
[1] http://www.ogm.gouv.fr/mise_marche/registre_cultures/cart...
[2] Proposition de règlement : "Les produits issus de l'élevage, comme les laitages et les oeufs, devront faire mention des moyennes sur l'année des divers aliments ingérés par l'animal, en distingant les variétés OGM, les céréales produites en agriculture raisonnée et les céréales produites en agriculture biologique. Cette mention doit occuper au moins 20% de l'emballage du produit.".
[3] Proposition de règlement : "Les viandes et abats devront faire mention des totaux sur l'année des divers aliments ingérés par l'animal, en distingant les variétés OGM, les céréales produites en agriculture raisonnée et les céréales produites en agriculture biologique. Cette mention doit occuper au moins 20% de l'emballage du produit.".
02:05 Publié dans Agriculture , Aménagement du territoire , Environnement , Politique , Sciences et technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
pour consommer sans ogm en bretagne
allez visiter ce site :
http://www.consommersansogmenbretagne.org
(il ne traite pas seulement des produits sans ogm mais aussi de l'alimentation animale) :)
Ecrit par : jp | 20.12.2007







