19.01.2008

Trois valeurs, cent trois machines

dd7758d74068a3a7766a731ad09244c4.jpgLa valeur d'achat d'un bien est l'argent que l'on doit dépenser pour l'obtenir. Pour les finances publiques, c'est ce qu'il conviendra d'inscrire au budget.

La valeur marchande d'un bien est l'argent que l'on peut obtenir en vendant ce bien. Pour les finances publiques, la procédure est souvent difficile, et le passage par le domaine est une procédure longue, durant laquelle les biens technologiques perdent l'essentiel de cette valeur.

La valeur d'usage d'un bien est le coût induit par la non-possession du bien : acquisition d'un bien qui rend des services équivalents, ou achat direct des services rendus par l'objet à un tiers. Par exemple, la valeur d'usage d'un aspirateur peut être mise en relation avec l'embauche d'une femme ou d'un homme de ménage deux heures par semaine durant trois ans.

Pour des biens technologiques, la valeur marchande est en général très inférieure à la valeur d'achat. On espère toutefois que la valeur d'usage, elle, ressemble à celle d'achat.
Pour des oeuvres d'art, il arrive que la valeur marchande dépasse de beaucoup celle d'achat. La valeur d'usage est à peu près impossible à évaluer ... les économistes diront qu'elle est nulle, et la plupart des autres qu'elle est infinie.

Pour 103 ordinateurs de vote, la valeur d'achat est de 471000€, et la valeur marchande est de 0€ (le marché est déjà saturé par les ordinateurs abandonnés irlandais et bataves).
La valeur d'achat de 143 urnes en plexiglas (il y a double scrutin dans 40 bureaux de vote les 9 et 16 mars) est de 43000€. Dans l'hypothèse, assez optimiste, où l'ordinateur de vote rend un service équivalent à l'urne en plexiglas, il y a donc déjà eu une perte de 428000€ pour la valeur d'usage par rapport à la valeur d'achat.
Comme la durée de vie de l'ordinateur est plus faible (10 ans), que ses coûts induits (communication, maintenance) sont plus importants, la perte est assurément déjà plus élevée. Et la qualité du contrôle du vote par les citoyens étant plus faible, il paraît difficile d'attribuer à ces machines une valeur d'usage qui dépasserait les 20000€.

20000€.

Est-ce une somme si élevée qu'il faille s'y accrocher contre toutes les revendications démocratiques ?
À 20 centimes le mode d'emploi en papier glacé, ce n'est que le coût de son mode d'emploi au mois de mars prochain ...

L'achat de ces machines était une erreur qui a déjà coûté environ 450000€ à la collectivité.

Clôturer le dossier ne demande que 4%.

Ce sont les mêmes 4% que représentent les deux mois qui nous séparent des élections par rapport aux quatre années de présence des ordinateurs de vote dans la commune de Brest.

22.09.2007

Pourcentage ou pilotage ?

Majes-tueuses et clinquantes dans la large avenue qui relie la mairie à la mer, elles ont écarté tavernes et commerces populaires. Un bar qui ferme, une librairie qui s'en va, et rapidement l'une de leurs enseignes vient décorer la rue pavée de rose.

medium_BateauParadis.pngGrâce à leurs bénéfices record, les banques améliorent leur pignon sur rue, et prennent possession des plus belles rues de la ville, reléguant habitants et autres commerces dans les ruelles plus sombres, coincés entre voitures façades défraichies. À côté d'elles, il n'y a de place que pour les agences immobilières et les boutiques de luxe ...

Faut-il applaudir à leur réussite économique ou les accuser de vol ? Sont-elles libres de mettre l'argent où elles veulent ou peut-on infléchir leurs choix ?

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13.09.2007

Lien juridique, lien économique, lien moral ?

Dans un temps lointain où la politique industrielle n'était pas un oxymore, la Bretagne a été choisie pour accueillir l'industrie naissante des télécommunications. Rennes, Lannion et Brest en ont été les hôtes, et des grandes entreprises publiques - comme France Télécom - ou privées - comme Alcatel, Thomson ou Ericsson - en ont été les bénéficiaires.

medium_Alcatel.pngInstallées à l'aide de subventions massives, ces entreprises ont créé de l'emploi, ont acquis une expertise avec les salariés locaux, et ont régalé leurs actionnaires. Gagnant-gagnant ? Plus maintenant. En 2001, M. Tchuruk, PDG d'Alcatel, qui possédait une unité de près de 1000 salariés à Brest, déclarait qu'Alcatel deviendrait une entreprise sans usine. Mais malgré tout, une entreprise qui vend des biens matériels, qui doivent, eux, être fabriqués.

Son ambition était donc de se débarrasser de ses usines, puis de faire fabriquer ces biens le moins cher possible : là où les salariés sont les moins protégés du monde.

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